L’Ill en scène va brûler les planches (article du journal DNA du 24/06/2017) - Blog Mooslargue
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L’Ill en scène va brûler les planches (article du journal DNA du 24/06/2017)

25 Juin 2017, 08:00am

Publié par Robin Burglin

La toute jeune association L’Ill en scène, à Illfurth, s’illustrera pour la première fois les 28, 29, 30 juin et 1er juillet sur le site de la scierie Nollinger. Elle jouera « Comme le lait sur le feu », un spectacle en plein air et gratuit alliant théâtre, musique, chant et danse. Il réunit trente artistes amateurs. Nous en avons rencontré quelques-uns en pleine répétition.

Ce dimanche 18 juin, c’est la fête des pères. Lionel Bamond est gâté : ses trois enfants sont là, généreux de leur temps pour l’aider à monter la première pièce qu’il a écrite, Comme le lait sur le feu. Elle sera jouée en plein air les 28, 29, 30 juin et 1er juillet, à Illfurth, sur le site de la scierie Nollinger qui, pour l’occasion, ressemble presque à un amphithéâtre antique.

Il était une fois une laiterie

L’histoire se déroule dans une laiterie au milieu des années 1980. À la mort du fondateur, l’une de ses filles, Marie, reprend l’affaire. Une escalade de quiproquos bouscule ses certitudes, tandis qu’un vandale malmène l’image de la laiterie. Qui se cache derrière cet individu masqué ? « L’unité de temps et d’action est respectée, annonce Lionel Bamond. Tout se passe en l’espace de dix heures. De 5 h du matin à 21 h, énormément de choses vont se produire. » Et des dizaines de personnages hauts en couleur, âgés de 7 à 67 ans, vont se succéder sur scène, pour jouer, chanter et danser, sur la musique de l’orchestre MikMac Quintet Jazz. Tout ce petit monde - maquillé, coiffé et costumé par l’équipe de Cathy Meister, du salon Un temps pour Soi à Heidwiller - se révélera, à la tombée de la nuit, sous les projecteurs de David Anstett et Pierre-Paul Kientz, régisseurs lumière, au côté de Mathieu Lavarenne, ingénieur du son.

« C’est une pièce légèrement engagée, elle égratigne la société de consommation », prévient l’homme de plume. Il s’est librement inspiré de la véritable laiterie d’Illfurth pour rédiger ce qui était d’abord un roman, avant de le scinder en quatre parties. Cette pièce en est le premier volet.

Des gradins de 290 places

Évidemment, pour qu’elle voie le jour, il a fallu mobiliser des énergies. Ça, c’était le travail de la présidente de L’Ill en scène, Fabienne Bamond, épouse du scénariste, également adjointe au maire, chargée de la culture et de la communication. Son pouvoir de persuasion est sans limite ! Très rapidement, les bonnes volontés ont essaimé autour du couple : sans elles, rien n’aurait été possible. Il y a d’abord Christian Nollinger, patron de la scierie et amateur de théâtre, qui a mis son site à disposition. « On cherchait une friche industrielle. Il nous a accueillis à bras ouverts. Il est abonné au théâtre de la Sinne à Mulhouse ! » Les théâtreux du Sundgau ont tôt fait de rallier la troupe : les Burgdeïfala, le Théâtre Saint-Martin d’Illfurth, le Trio vocal Muses, la Compagnie Mich’min, les Mattagumber, les Dramatic’s. Les sapeurs-pompiers illfurthois donneront de leur personne sur scène… Mais chut, on ne vous en dira pas plus.

La commune et les entreprises illfurthoises sont évidemment de la partie, tout comme Seppois-le-Bas qui a mis à disposition ses gradins de 290 places et aidé au montage. Et il y a tous ces bénévoles qui gravitent autour du projet. Jean-Pierre Forestier, en vrai chef-décorateur, a fabriqué la cuve à lait, la toile de l’écran géant et la tour de lait. Jean-Marie Botti a prêté sa voiture ancienne datant de 1939. L’éleveur Sébastien Stoessel a apporté une vache en résine, des trayeuses, des pots à lait en zinc… L ’enseigne Carrefour a fourni des chariots de supermarché. A -t-on cité tout le monde ? Pas sûr. Alors le mieux est de courir les applaudir tous, sur scène et en coulisses, la semaine prochaine !

Y ALLER Représentations les 28, 29, 30 juin et 1er juillet, à 21 h 15, sans réservation. Venir tôt pour être sûr d’avoir une place. Parking dans la scierie. Entrée libre. Buvette, plateau.

« Une aventure passionnante »

D’habitude, il « monte sur scène ». Pour la première fois, il « met en scène ». D’habitude, il pose les questions. Cette fois, il y répond… Nicolas Lehr, notre confrère des DNA , dirige depuis plusieurs semaines les trente comédiens du spectacle musical Comme le lait sur le feu. Un nouveau défi à relever pour cette figure du journalisme local, comédien confirmé, et grand amoureux de la culture avec un C majuscule. « Je suis plutôt dans le jeu. La mise en scène, c’est un autre métier. Mais l’avantage, c’est qu’on peut travailler avec les gens, avec la matière humaine », confie-t-il, tout sourire, en ce dimanche de répétition.

Avant de se lancer, Nicolas Lehr a organisé des stages avec les comédiens de la troupe. Si certains ont cinquante ans de théâtre derrière eux, comme Geneviève Kientz, pour d’autres, c’est le baptême du feu. Philippe monte pour la première fois sur scène, Ninon, a intégré la troupe des Dramatic’s il y a un an à peine… « J’ai animé deux ou trois ateliers pour travailler le souffle, les attitudes, toute une kyrielle de techniques théâtrales, explique le metteur en scène. Le but, c’est d’aller chercher ce qu’ils ont en eux. » Ou ce qu’ils n’ont pas du tout ! Car il offre à deux célèbres comédiens sundgauviens des rôles à contre-emploi : la pétillante Geneviève Kientz incarne une garce, quand Henri Fritsch endosse l’uniforme d’un officier SS… « Tout le monde connaît Henri, son caractère sautillant. Là, il joue un personnage glacial. Sur le papier, on n’associe pas forcément les deux. »

Nicolas Lehr ne se contente pas de diriger ses comédiens : il apporte sa touche personnelle au spectacle, avec un brin de poésie et une bonne dose d’absurde. « Il faut que ça vive, que ce soit drôle ! Quand j’ai découvert le texte, plein d’images me venaient en tête. J’ai ajouté des personnages, comme le scientifique. Et puis j’ai eu une pulsation jazz ! »

En effet, il a refusé en bloc la bande-son. « Pas de musique enregistrée, je voulais un orchestre en direct. On s’est trouvé un quintet de jazz qui nous accompagne dans cette aventure. La magie du spectacle, c’est l’éphémère et le spontané. »

Dans cette perspective, il a eu l’autre bonne idée de faire intervenir une artiste peintre. « Plutôt que d’avoir un décor, pesant, lourd, statique, j’ai voulu présenter une œuvre en cours de création. J’avais envie de dessins au sable : Chantal Vis nous a rejoints. » L’aquarelliste de Riedisheim va donc réaliser en direct une œuvre picturale en sable. Son travail sera filmé et rétroprojeté sur une toile géante. « Je voulais que tout soit vrai, en direct, avec cette dimension funambulesque », insiste Nicolas Lehr, enthousiasmé par cette expérience. « Chacun est venu avec son talent. C’est une aventure intergénérationnelle passionnante. »

Le chiffre: 0€

0 €, c'est le tarif d'entrée du spectacle de l'Ill en scène. "L'entrée est libre, on offre un coup à boire à la fin de chaque représentation, on n'est pas là pour faire de l'argent ! La véritable monnaie du théâtre et de l'art, c'est la gratuité", argumente Lionel Bamond, l'auteur de la pièce. Nicolas Lehr, son complice chargé de la mise en scène, ne dit pas autre chose. "S'il y avait eu un prix d'entrée, je n'aurais pas participé au projet. Je n'ai pas la prétention de faire un spectacle payant. Tout le monde dans la troupe vient bénévolement, y compris les musiciens du quintet de jazz: ils ont accepté de jouer gratuitement tous les soirs. On est tous sur un pied d'égalité." L'association a bénéficié des soutiens de la commune d'Illfurt, du Département, de la comcom du Sundgau et du Crédit Mutuel.

Source: journal DNA du 24/06/2017 - Anne Ducellier

Tout le monde met la main à la pâte, et plutôt deux fois qu’une. Marceau Bamond, pianiste, compositeur et auteur des chansons, Sarah Goetschy, stagiaire administrative au sein de l’association, et Philippe Therer, comédien, montent la structure en bois qui représentera la tour de lait. Photo  L’Alsace

Tout le monde met la main à la pâte, et plutôt deux fois qu’une. Marceau Bamond, pianiste, compositeur et auteur des chansons, Sarah Goetschy, stagiaire administrative au sein de l’association, et Philippe Therer, comédien, montent la structure en bois qui représentera la tour de lait. Photo L’Alsace

La dream team de L’Ill en scène : Lionel Bamond, scénariste, Nicolas Lehr, metteur en scène, et Fabienne Bamond, présidente de l’association.Photo  L’Alsace

La dream team de L’Ill en scène : Lionel Bamond, scénariste, Nicolas Lehr, metteur en scène, et Fabienne Bamond, présidente de l’association.Photo L’Alsace

À chaque représentation, Chantal Vis, aquarelliste à Riedisheim (ici, avec le comédien Jean-Charles Mattler), créera en direct un dessin au sable. Son travail sera filmé et rétroprojeté sur un écran.Photo  L’Alsace

À chaque représentation, Chantal Vis, aquarelliste à Riedisheim (ici, avec le comédien Jean-Charles Mattler), créera en direct un dessin au sable. Son travail sera filmé et rétroprojeté sur un écran.Photo L’Alsace

Quentin, Thimothée, Ninon, Bastien, Thimothée et Adèle: les jeunes comédiens de la troupe des Dramatic's, dirigée par Reine-France Laviéville-Adli qui a créé les chorégraphies du spectacle. Photo L'Alsace

Quentin, Thimothée, Ninon, Bastien, Thimothée et Adèle: les jeunes comédiens de la troupe des Dramatic's, dirigée par Reine-France Laviéville-Adli qui a créé les chorégraphies du spectacle. Photo L'Alsace

Cinq enfants jouent un rôle dans la pièce. Parmi eux, Milène (à gauche), qui chante sur de la musique jazz, et Eulalie (à droite), dont le petit frère, Léon, est pour l'instant simple spectacteur... Photo L'Alsace

Cinq enfants jouent un rôle dans la pièce. Parmi eux, Milène (à gauche), qui chante sur de la musique jazz, et Eulalie (à droite), dont le petit frère, Léon, est pour l'instant simple spectacteur... Photo L'Alsace

L'heure de la pause... et de la pose pour ce trio féminin. Céline Stoecklin, figure bien connue des Mattagumber, jouera le premier rôle. Line Bamond incarnera une inspectrice du lait. Quant à Marielle, elle de Photo L'Alsace

L'heure de la pause... et de la pose pour ce trio féminin. Céline Stoecklin, figure bien connue des Mattagumber, jouera le premier rôle. Line Bamond incarnera une inspectrice du lait. Quant à Marielle, elle de Photo L'Alsace

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