Moos et Niederlarg dans la tourmente - Partie 2 - Blog Mooslargue
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Moos et Niederlarg dans la tourmente - Partie 2

8 Février 2017, 16:00pm

Publié par Robin Burglin

Témoignage de Victor Déveille (1906-2004) sur le conflit 1914-1918 (suite de la partie 1)

A l’époque, Victor Déveille était le fils du maire de la commune de Moos. Il se souvient, avec une précision remarquable, d’événements qui se sont inscrits dans la mémoire du village :

- L’attentat en Serbie n’a été qu’un prétexte à la guerre, explique-t-il. En février 1914, un régiment de soldats allemands était déjà venu ici pour faire des manœuvres… or ce sont exactement les mêmes qui sont revenus six mois plus tard pour faire la guerre !

- Le 13 août 1914, le temps que le front se positionne, 3 éclaireurs français à cheval sont venus par ici. Un gendarme allemand, stationné à Courtavon, en tue un, sans se faire repérer. Et le 15 août, 2 régiments de cavalerie sont venus : « tout le village était rouge ! » (à cause du pantalon rouge des dragons français) ; « toutes les granges étaient remplies de magnifiques étalons ! ». Deux heures durant, les soldats eurent quartier libre et se livrèrent au pillage de Moos. C’était un acte de représailles, car le commandement français avait pensé que c’était des civils du village qui avaient ouvert le feu lors de l’accrochage. Quelques temps après, l’alerte ayant été donnée, les français ont envoyé des renfort pour une première grande bataille ducôté de Tagsdorf. Quand les soldats allemands revinrent par la suite à Moos, ce fut avec les mêmes chevaux, butin de guerre de la bataille.

- Très vite, la guerre est devenue une guerre de position, une guerre de tranchées. Il y avait beaucoup de morts et de blessés. Dans la colline au-dessus de l’Eglise, sous la forêt, avait été creusé un Poste médical avancé, étayé sur le principe des mines de charbon. « C’était tellement grand qu’on s’y perdait ! », dit-il. La lumière venait par souterrain depuis Kembs, et une ligne de chemin de fer venait depuis Ferrette.

- En novembre de l’année 1918, le front n’avait pas bougé, les allemands étaient encore en place. Ce n’est que par la suite qu’ils se sont retirés.

 

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Source: souvenirs collectés par Mathieu Lavarenne et qui étaient publiés sur l'ancien site internet de la commune de Mooslargue

Victor Deveille

Victor Deveille

Cimetière allemand de Moos, agrandi à partir de 1915, vers le dessus.

Cimetière allemand de Moos, agrandi à partir de 1915, vers le dessus.

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