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Circulation Haut-Rhin : quand la neige fait des vagues (article du journal L'Alsace du 08/01/2017)

8 Janvier 2017, 11:00am

Publié par Robin Burglin

À l’issue d’un épisode de froid intense mais sec, la météo annonce un nouvel épisode neigeux sur l’Alsace, remettant sur le tapis la question de la viabilité hivernale. Après la décision du département de ne plus déneiger certaines routes, puis une levée de boucliers et une série d’adaptations, où passeront finalement les engins ? Résumé des derniers épisodes.

La décision a été votée à l’unanimité, mais depuis, elle n’en finit plus de faire des vagues : pour économiser les deniers publics et le sel de déneigement, nocif pour les routes et l’environnement, le conseil départemental du Haut-Rhin a choisi l’été dernier de réduire la voilure en matière de viabilité hivernale.

Le dispositif déployé les années précédentes étant jugé « surdimensionné » eu égard à la relative douceur des hivers actuels et au taux d’équipement de la population en pneus neige, estimé à 80 %, le projet prévoit initialement de réduire l’amplitude horaire, mais aussi et surtout de mettre de côté 665 km sur les 2 550 km du réseau. À la clé : une économie estimée à 300 000 €, voire 500 000 € par an.

Jusqu’à 500 000 € d’économies

Ces routes, qualifiées de « très secondaires », représentent 25 % du réseau, mais au total, les secteurs et créneaux horaires non pris en charge concernent 5 % de la circulation, précise le département. Au moins un axe principal par commune est traité prioritairement, permettant si besoin d’effectuer un détour, et l’accent est mis sur « l’adaptabilité » , notamment lors de circonstances exceptionnelles.

Mais la décision suscite une levée de boucliers. Au sein même des services départementaux, deux mobilisations sont organisées à l’initiative de Force ouvrière pour dénoncer « des économies sur le dos de la sécurité des citoyens » , mais aussi celle des salariés, le déneigement des zones montagneuses pouvant désormais s’effectuer avec un agent seul au lieu d’un binôme.

Chez les élus communaux également, l’annonce fait grincer des dents et met en évidence diverses situations particulières. C’est le cas, pêle-mêle, dans le Jura alsacien, des maires obtiennent des « ajustements » ; dans le secteur des Trois frontières, où le maire d’Attenschwiller déplore que sa commune soit « l’une des plus enclavées du secteur en cas d’enneigement » ; dans le canton de Cernay, où quelque 150 habitants se rassemblent à l’appel des élus de Roderen et Bourbach-le-Bas pour demander le déneigement de la RD35, utilisée par les cars du RPI… Même le conseil de la CPAM s’en mêle, s’inquiétant dans un communiqué de la mesure sur le nombre d’accidents.

Une météo « assez particulière »

Pour ne rien arranger, contrairement aux années précédentes, la météo de l’hiver n’est pas franchement propice à une circulation sereine. « Les conditions de ces dernières semaines ont été assez particulières avec des brouillards givrants assez denses et difficiles à gérer, beaucoup d’inversions de températures, des interventions assez nombreuses sur du verglas » , constate en ce début d’année 2017 Lionel Fischer, responsable du pôle territorial des centres routiers. Corollaire direct de ce temps : des routes parfois transformées en patinoire avec glissades en série.

« Le risque de verglas existe aussi sur les routes traitées en fonction du moment de passage de l’automobiliste et de l’engin de salage : il n’y a pas de saleuse devant chaque voiture » , précise-t-on au département. Interrogé, Eric Straumann observe d’ailleurs que les accidents qui lui ont été signalés ont eu lieu sur des axes qui étaient toujours pris en charge. D’après nos informations, d’autres se sont tout de même produits sur le réseau qualifié de « très secondaire ».

Tout le réseau salé en cas de verglas

Quelles qu’en soient les raisons, ces dérapages, qui ont notamment suscité une grosse colère du maire de Koestlach pointant des conséquences « directes, brutales et intolérables » , ont conduit à un nouvel ajustement. Non seulement l’intégralité du réseau départemental sera inspectée par les quelque 15 centres routiers répartis sur le territoire, mais les 2 550 km seront tous salés en cas de verglas… même si les panneaux, installés avant cette décision, annoncent le contraire (lire aussi en page 38).

C’est donc sur ces bases que reposera le dispositif de viabilité hivernale lors des prochaines chutes de neige, annoncées dès ce mardi sur la région. En attendant, peut-être, de nouveaux ajustements : le conseil départemental a toujours précisé que le projet pouvait si besoin être ajusté. Et rappelé que, quoi qu’il arrive, l’automobiliste est lui aussi acteur de sa propre sécurité.

« Il est essentiel de rappeler les bons réflexes en hiver:rouler lentement quelle que soit la route,s’équiper de pneus hiver,partir plus tôt,adapter son itinéraire le cas échéant… » Chaque jour, les difficultés sont signalées de manière détaillée sur le site dédié www.inforoute68.fr.

Source: journal L'Alsace du 08/01/2017, François Torelli

Seuls trois quarts du réseau départemental sont désormais déneigés systématiquement. Photo L’Alsace/

Seuls trois quarts du réseau départemental sont désormais déneigés systématiquement. Photo L’Alsace/

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